Moon Colony Bloodbath
Attention OLNI ! Oui, pour Objet Ludique Non Identifié, acronyme qu’on utilise parfois dans le petit monde du jeu pour désigner un jeu de société qui sort de l’ordinaire, un peu unique en son genre. C’est bien le cas de ce Moon Colony Bloodbath et avec un thème pareil, ça fonctionne encore mieux !
Ambiance ? Stratégie ? Les deux ?
Le plus souvent, on doit bien avouer qu’on vous demande de choisir un camp. D’un côté les férus de prise de tête qui adorent se triturer les méninges et anticiper les 14 prochains coups, de l’autre celles et ceux qui veulent surtout se la vider, la tête et juste passer un bon moment de détente. A priori, il est difficile de concevoir qu’un espace existerait quelque part au milieu et qu’un jeu pourrait convenir à tout le monde. Et même si par miracle c’était le cas, il faudrait encore qu’il soit assez réussi pour plaire et susciter l’engouement des deux côtés. C’est dire si la mission semblait impossible. Et pourtant Moon Colony Bloodbath l’a fait ! Vraiment ? Oui ! On vous explique tout.
Jusqu’ici, tout va bien !
Le principal secret du jeu est là: une vraie courbe de sensations différentes qui commence par un petit jeu de cartes assez facile où tout se met bien, les combinaisons s’enchaînent, notre colonie évolue facilement, tout va bien dans le meilleur des mondes. Mais petit à petit les événements arrivent et s’enchainent. On y fait face d’abord à l’aise et puis la machine s’emballe de plus en plus… pour vivre un vrai sauve-qui-peut à la fin. Car la question n’est pas de savoir si votre colonie va y résister (spoiler alert: la réponse est non) mais combien de temps elle va tenir avant de craquer. La première personne qui n’a plus d’habitant met fin à la partie et on regarde qui a le plus de survivants. Et franchement, si ce principe a déjà été utilisé quelques fois avec plus ou moins de bonheur, pour nous jamais cette sensation n’a été aussi jouissive que dans Moon Colony Bloodbath ! On en sort avec le sourire, la banane et pas mal de rires au passage. Parce qu’on en vient à la seconde bonne idée.
Un deck commun !
Contrairement à la majorité des jeux de type deck-building où chaque joueur a son propre paquet de cartes qui évolue au fil de la partie, il n’y a qu’un seul deck au centre de la table. Autrement dit, quand un truc sympa sort, c’est pour tout le monde. Et si c’est tout sauf sympa… aussi. Avec les « Nooon ! » et les cris déchirants, surtout à la fin. Mais donc y a du hasard, oui, mais il est pareil pour tout le monde ! A chacun d’avoir prévu/préparé le coup au mieux et fait des choix dans une direction ou l’autre. Cela ne permettra pas de se protéger de tout mais sans doute d’esquiver un peu mieux certaines attaques de robots plutôt que d’autres. Pour au final mieux résister. C’est hyper-interactif, tout le monde joue en même temps sans attendre son tour et quand je vous parlais de jeu d’ambiance, on s’amuse vraiment à voir les catastrophes arriver. Surtout chez les autres. 😉
Des règles accessibles ?
Franchement, oui. On n’est pas dans la catégorie jeu familial, mais pas expert non plus. Tip top dans la case initiés qui compte de plus en plus d’adeptes. Moon Colony Bloodbath fonctionnera aussi parfaitement avec des enfants pas trop jeunes, à partir de 10-11 ans je dirais.
Une petite vidéo d’explication du jeu vaut toujours tous les discours:
Un auteur tout sauf inconnu
Le nom de David X. Vaccarino ne vous évoque sans doute pas grand chose, mais je peux vous dire que pour certains joueurs passionnés, ce Monsieur est une légende. Car on lui doit le jeu qui a popularisé la mécanique de deck-building. Oui, c’est l’heureux papa du mythique Dominion qui fêtera bientôt ses 20 ans et qui a inspiré tellement de jeux du genre par la suite. Il est également l’auteur de Kingdom Builder, Spiel des Jahres (jeu de l’année) en 2012.
Univers déjanté
Alors oui, les illustrations et le thème peuvent surprendre au départ. Mais on s’attache vite à l’ambiance générale du jeu et l’humour décalé qui s’en dégage. Pour au final trouver l’objet super-attachant même si à priori on n’est pas forcément attiré. En tout cas tout est cohérent et colle très bien au jeu. Idéal pour attirer les bonnes (?) vannes et provoquer le lâcher prise qu’on demande tous lorsqu’on s’installe autour d’une table de jeu.



