Iki

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Attention: derrière ce tout petit nom se cache un très grand jeu ! Qui se mérite un peu au niveau des règles mais l’effort est récompensé: Iki est pour nous l’un des meilleurs jeux experts sortis ces dernières années !

Apparu sur la pointe des pieds dans une première version non traduite il y a quelques années, il avait déjà marqué les esprits lors du grand Salon du jeu à Essen en Allemagne. L’éditeur Sorry we are French à qui l’on doit déjà les excellents Demeter et Ganymède par exemple a flashé dessus et a eu la bonne idée de le retravailler. Le résultat est magnifique avec au passage quelques améliorations intéressantes dont une version 2 joueurs qui tourne parfaitement.

Un petit mot sur le thème tout d’abord. Le mot Iki… n’a pas de traduction précise. C’est une notion abstraite d’idéal esthétique au Japon à l’époque où Tokyo s’appelait encore Edo et le plateau de jeu représente le Marché le plus animé de la ville. Le but du jeu est de devenir le meilleur Edokko (« enfant d’Edo ») en veillant à la prospérité de la Cité et de ses habitants. Le décor est planté et il n’est pas plaqué. Les illustrations et tout le matériel de jeu sont cohérents. On s’y croirait presque. Il faut dire que tout a été vérifié dans les moindres détail par un consultant local… dont c’est le métier ! Jusqu’au sens de fermeture des boutons de chemise ou quelle jambe au-dessus de l’autre en position assise. Un travail de dingue.

Mécaniquement, Iki propose un parcours fluide et des actions claires qui s’imbriquent magnifiquement les unes ou autres. D’une richesse tactique rare, les choix sont permanents et la tension présente de bout en bout. Difficile de savoir qui remportera la partie avant le décompte final. Le mix entre les actions permanentes imprimées sur la plateau et bonus en fonction des cartes qui vivent un temps puis repartent est particulièrement bien vu. Avec une sorte de frustration positive qu’on ressent dans ce que j’appelle parfois le « tout est bon dans le cochon ». Je veux dire par là qu’on aimerait bien faire plein de choses car tout est bon mais qu’il faut choisir. Et choisir c’est aussi renoncer. Bein oui, on ne peut pas avoir le riz et l’argent du riz ma bonne Geisha. 😉

Difficile de caler Iki dans une case précise, car il fait à la fois appel à la pose d’ouvriers, la programmation, la collection, la gestion, le développement,… un mix qui peut paraître indigeste au début mais qui très vite glisse tout seul dans l’estomac. Avec un forte envie d’aller se resservir tout de suite. Et en plus, les interactions sont nombreuses, on n’est pas du tout dans un jeu de type chacun dans son coin. Quant à la rejouabilité, elle me paraît énorme tant les possibilités sont nombreuses et les différentes pistes de scoring équilibrées.

Un grand waouw et un énorme coup de coeur !