J’emme

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Sur un grand Festival des Jeux comme celui de Cannes, les découvertes sont nombreuses. Il y a celles auxquelles on s’attend car le bouche à oreille a eu lieu en amont, parce que l’auteur est connu ou l’éditeur important. Et puis il y a des petits nouveaux qui se lancent, qui sortent leur premier jeu et espèrent se faire remarquer par les joueurs bien sûr, mais aussi les boutiques et distributeurs qui passent par là. C’est un pari risqué car une fois que le jeu est produit, il est trop tard pour ajuster le tir au besoin. Beaucoup de candidats et peu d’élus qui arrivent à s’installer, c’est valable dans beaucoup de domaines et ce secteur du jeu de société en plein boum ne fait pas exception.

Au hasard des allées, notre attention se porte sur un joli stand qui propose un jeu visuellement attractif, aux dimensions particulières. L’une de nos boutiques partenaires du groupement A Vous de Jouer l’avait repéré la veille et nous nous sommes installés pour le découvrir. Il s’appelle J’emme, joli jeu de mot car de fait,  le jeu est constitué d’un grand plateau genre jeu de go et de 6 grappes de petites gemmes (en verre) colorées. L’ensemble est esthétiquement très réussi.

 

Le matériel du jeu J'emme de Ouimba Games

 

Mais d’emblée j’ai un à priori. Le jeu me fait penser à Pente, un ancien jeu de stratégie et mon impression se confirme lorsque l’auteur nous explique le but du jeu: aligner des pions à sa couleur sur les intersections de ligne. Aïe c’est vraiment pareil. Sauf que non, je vous détaille plus bas en quoi le jeu est différent et pourquoi il est si réjouissant au point d’avoir flashé dessus !

Pente, aujourd’hui disparu, est une variante du Puissance 4 en plus stratégique qui se joue en face à face. Chaque joueur pose une pierre sur une intersection du plateau et le but est de réussir un alignement de 5 pierres à sa couleur ou de capturer 5 paires adverses (je vous passe les détails des règles de capture). Et en fait… il ne faut parfois pas grand chose pour passer d’un bon jeu de stratégie pure à quelque chose qui procure des sensations très différentes. Car la principale différence entre Pente et J’emme est… le nombre de joueurs. Mais ça change tout !

Lorsque vous jouez à deux et que vous décelez une menace de l’adversaire, vous allez en général réfléchir à une manière de la contrer. Logique. Mais imaginez que vous jouez à plusieurs et qu’il y a encore un autre joueur qui va jouer avant le joueur menaçant. Bah… il est assez tentant de se dire qu’il s’en occupera bien lui-même et du coup, jouer quelque chose de plus utile pour sa propre progression. Et, croyez-moi, ça donne des échanges verbaux et des regards qui valent de l’or ! « Mais qu’est-ce que tu fais ! Tu ne vois pas qu’elle va gagner ? ». « Bein je t’en prie, à toi de jouer ! ». 

On peut jouer à J’emme jusqu’à 6 joueurs et au plus on est, au plus… il y a de l’ambiance. Difficile à croire dans un jeu qui n’est à priori pas du tout à ranger dans cette catégorie et pourtant si, ça le fait et on s’amuse beaucoup de laisser la patate chaude au suivant tout en essayant de progresser dans son coin et se faire oublier. Mais attention, il ne suffit pas d’aligner une rangée de 5 pierres, il faudra en faire un peu plus, en fonction du nombre de joueurs (1×6, 2×5, 4×4 ou 6 captures par ex.). Ces captures de pions qui se produisent dans une configuration bien précise mais qui sont toujours aussi des moments propices aux petits échanges savoureux.

Et donc oui, on adore ce J’emme particulièrement attachant. L’objet assez improbable (un tube de… 70cm !) renferme un matériel de qualité made in France et des règles simplissimes expliquées en 30 secondes chrono. Une (très) jolie idée cadeau à (se) faire. Super fun et accessible. On dit J’emme !